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CNSS: un inconstant Directeur Général de trop ?

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Au lendemain de sa prise de fonction à la tête de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, Bakary Sylla, ex-conseiller de l’ancien Premier-Ministre Dr Ibrahima Kassory Fofana, n’a pas attendu longtemps pour passer à ce qu’on peut qualifier de « règlement de compte ». Les nominations « sans tête ni queue » auxquelles il procède sont des preuves palpables. Il ne tient presque pas compte des statuts régissant la direction dont il a la lourde charge, avant de poser certains actes. En tout cas, c’est l’avis de bon nombre de ses collaborateurs, qui voient en l’homme, un prétentieux.

L’ancien chef de cabinet du ministère des Finances devenu directeur général de la CNSS suite à un décret du Président de la Transition Colonel Mamadi Doumbouya, est de plus en plus décrié par ses collaborateurs. Ceux-ci reprochent à leur nouveau patron, des comportements peu catholiques. Nommé pour répondre aux aspirations de la population guinéenne, notamment en matière de protection sociale, il semble mettre totalement en doute la compétence des cadres ayant depuis des années, évolué au sein de la CNSS. Pour alors exécuter l’assertion « le chef vient avec son petit cabinet », Bakary Sylla n’hésite pas à remplacer de façon assez paradoxale, les chefs de service ou autres cadres évoluant dans cette direction. Des secrétaires, directeurs et autres cadres de cette boîte ont déjà été victimes de son abus de pouvoir. Bien qu’il ne soit du tout pas mauvais de remplacer telle ou telle personne, mais il faut tenir compte des principes préétablis par la CNSS dans le cadre de la nomination des travailleurs.

En effet, celui qui se croit en ce moment « Alpha et Omega » de la CNSS, foule complétement au pied le statut qui confère le droit au Conseil d’Administration de demander que des fonctionnaires d’autres départements soient placés en position de détachement et mis à la disposition de la CNSS. Cette fois-ci, c’est un directeur qui se donne cette prérogative au grand dam de ses collaborateurs. C’est ainsi qu’il a fallacieusement procédé avec l’appui de son adjoint Dr Hassan Dantini Camara (un autre personnage ayant passé des années en Occident à errer dans des maisons de retraite), à des nominations de personnes ne figurant pas dans l’effectif des travailleurs de la CNSS. Ces nouveaux promus dont personne ne sait le point de départ, sont ses proches à lui. C’est donc clair que le nouveau chef veut écarter tous ceux qui ont prouvé leur compétence dans le passé au profit de personnes qui ne connaissent pas le fonctionnement de la direction.

Il est important de rappeler que même les adversaires du régime déchu appréciaient les résultats de cette institution de protection sociale avant l’arrivée de Bakary Sylla et son adjoint. En guise d’illustration, mettons le curseur sur quelques prouesses réalisées par l’équipe précédente à sa tête Elhadj Malick Sankhon (centre de diagnostic et d’imagerie de Conakry et région ; hôpital de Gbessia ; hôtel Rio Nunez de Boké ; les nombreuses agences de l’intérieur ; …).

Le bilan de 2011 à 2021 de la CNSS depuis sa création est incontestablement le meilleur que la Guinée ait connu. Germain, un compatriote a expliqué récemment dans une tribune ce qui suit : « en matière de recouvrement, les cotisations ont connu une amélioration de plus de 270%, grâce aux efforts du relèvement du plafond des cotisations mais également la contribution des agents dont les compétences ont été effectivement renforcées. Sur la chaîne de recouvrement, le contentieux a joué un grand rôle, un service qui était jusqu’en 2011 un lieu de véritable punition. L’informatisation a aussi eu un impact positif sur la mobilisation des ressources qui repose essentiellement sur les cotisations sociales.   Et au moment où arrivait le CNRD, la direction générale de cette institution avait déjà engagé le chantier de la dématérialisation de la déclaration des salaires et du paiement des cotisations. A ce propos, un contrat était en exécution et des contacts très avancés avec les banques de la place. En matière de prestations sociales, les montants servis sous les différentes branches que gère la CNSS ont été revalorisés en moyenne à 70% et aucun arriéré de prestations n’existait en décembre 2021. Les moyens de paiement des prestations- pensions en l’occurrence- ont été améliorés. Globalement, les assurés sociaux étaient satisfaits de l’institution. Sur le plan international, toutes ces performances ont été reconnues récemment, en octobre 2021, par la remise à la CNSS de cinq prix de bonnes pratiques : centre de diagnostics, gestion axée sur les résultats, mode de paiement des pensions, informatisation du recouvrement l’identification biométrique des assurés. De ce qui précède, il est évident qu’à la CNSS on n’avait nullement besoin de réinventer la roue. Il y existe des hommes et femmes ainsi que des outils de gestion pour donner entière satisfaction au colonel dont le seul pêché aujourd’hui est d’avoir fait confiance à des théoriciens, qui ne savent que bavarder ».

Mise à part toute cette performance citée ci-haut, il suffisait de demander à un citoyen lambda ce qu’il pensait de la CNSS. On entendait tout de suite des éloges par rapport au centre de diagnostic et tout ce qui y est lié. Grâce à ce centre, les voyages interminables des guinéens dans d’autres pays en quête de résultats fiables dans le domaine médical, avaient considérablement baissé. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre tous les efforts fournis par l’équipe médicale du centre de diagnostic de la CNSS sous Malick Sankhon.

Aujourd’hui, force est de reconnaitre que Bakary Sylla est dans une dynamique de destabilisation de ce bijou. Même le renforcement de capacité dont bénéficiaient les travailleurs est à présent bloqué parce qu’il le veut ainsi. Il prend du plaisir à démotiver et dénigrer de par ses agissements les travailleurs, dans le seul but d’imposer coûte-que-coûte son clan. Et au même moment qu’il crée ce climat délétère de travail, ses rendements à la tête de la direction illustrent aisément son incompétence. On dirait que son éviction au ministère des Finances avait bien raison d’être.

Si « le recouvrement moyen mensuel espéré à 50 milliards est resté à 31 milliards en janvier 2022 », seulement à un mois de sa nomination, on se demande ce à quoi s’attendre prochainement. « Depuis janvier 2022, seules les pensions sont payées aux retraites et ayants droit.  Les prestations familiales, les accidents du travail, les prestations en maladies ne sont pas à l’ordre du jour du manitou de la CNSS », écrit Germain. Sans doute, le bilan qui existait bien avant l’avènement du CNRD a, seulement dans moins d’un trimestre, pris un coup à la CNSS.

Malheureusement pour les guinéens, ce dictateur n’aura de compte à rendre à personne. En tout cas, ça a vraiment l’air puisque plusieurs comme lui nommés récemment, ne sont que des disciples d’un « présomptueux » qui aujourd’hui, est dans les bonnes grâces du régime en place.

Vivons pour voir …

Mariama S.

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