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Désenclavement de Koyamah, son bilan à la mairie, ses projets : Emmanuel Oua Guilavogui dit tout (Interview)

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Située à 120 kilomètres du chef-lieu de la préfecture (Macenta),  la commune rurale de Koyamah fait face à d’énormes difficultés qui éprouvent les habitants qui sont en grande partie des agriculteurs. Cette sous-préfecture qui fait frontière à la République sœur du Libéria est complètement enclavée à cause de ses pistes rurales défoncées. A cela s’ajoutent les soubresauts du 23 juin 2020 qui avaient endeuillé de nombreuses familles suite à un conflit domanial qui a opposé les deux ethnies qui composent la commune rurale. 

Dans une interview à bâtons rompus qu’il a accordée au quotidien en ligne Actupremiere.com, Emmanuel Oua Guilavogui, maire de Koyamah, élu sous la bannière du RPG arc-en-ciel, a épluché toutes les questions liées à la gestion de la mairie qu’il dirige.

Actupremire.com : Koyamah est l’une des plus grandes sous-préfectures de Macenta, quelles sont les difficultés majeures auxquelles vos populations sont confrontées ?

Emmanuel Oua Guilavogui : En tant qu’élu du peuple, les difficultés qui assaillent la communauté de Koyamah sont diverses. En général, nous avons les problèmes liés aux infrastructures routières. De Koyamah jusqu’à Macenta, long de 120 kilomètres, la route est impraticable. Secundo, nous avons aussi des problèmes sociaux, politiques et administratifs. Mais ce qui est beaucoup essentiel, c’est au niveau des infrastructures routières.

Le pont de Yéla (frontière du Libéria) est l’une des réelles préoccupations de la mairie. Le contrat a été confié à l’entreprise SIDELEC mais les travaux trainent. On avait même écrit au ministre d’alors et à l’entrepreneur qui nous a dit que le problème c’est au niveau du manque de financement qui doit être fait par le gouvernement. Mais qu’à cela ne tienne, la commune avait mobilisé 12 millions de francs guinéens au syndicat des transporteurs et à la chambre du commerce pour faire un passage temporaire pour aider nos parents dans la traversée.

Les problèmes sociaux enregistrés à Koyamah tournent autour des conflits domaniaux entre des villages et des individus.

Vous étiez président de la délégation spéciale avant d’être élu maire, quel bilan pouvez nous dresser ?

J’ai été nommé président de la délégation spéciale le 17 mars 2017 suite à une annonce de la venue du président de la République à Koyamah. En ce moment, il n’y avait pas de maire. Donc, les autorités ont jugé nécessaire de mettre une délégation spéciale en place. Il y a eu trois personnes qui ont été choisies. La quatrième était moi et le choix fut tombé sur ma personne.

Pendant la délégation spéciale, nous étions au nombre de sept personnes, nous avons construit la latrine à Koyamah centre et nous avons tenté à régler tous les lampadaires sur fonds propres.

Monsieur le maire, c’est insuffisant comme projet réalisé sachant que Koyamah ne se limite pas qu’à la commune rurale. Pourquoi les autres districts n’ont pas été touchés ?

Pendant la délégation spéciale, les actes sont limités en matière d’investissement. Chez nous, il y a le fonctionnement et l’investissement. Un président de la délégation spéciale selon les normes, ne peut pas dépenser une somme supérieure à 20 millions de francs guinéens. On ne peut pas initier une activité à long terme. C’est ce qui a fait qu’on n’a pas touché les autres districts.

Après cette étape, vous-êtes élu maire, jusque-là, votre équipe a posé quoi comme acte concret sur le terrain ?

Dès que j’ai été élu comme maire de Koyamah, notre objectif était de satisfaire la communauté qui nous a confiés son mandat. Au niveau social, nous avons fait une session extraordinaire avec tous les conseillers et la tutelle rapprochée.

En ce qui concerne les infrastructures, nous sommes sur la construction de la maison d’accueil sur fonds propres. La résidence de monsieur le sous-préfet est en souffrance, nous avons estimé un coût total de 150 millions de francs guinéens pour sa rénovation mais la commune n’a pu que mobiliser 36 millions de francs guinéens. De nos jours, l’activité en cours sur le terrain c’est la construction de la maison d’accueil.

Pensez-vous que la seule activité est suffisante pour satisfaire la population  qui vous a fait confiance ?

Ce n’est pas qu’à Koyamah centre seule. Nous évoluons dans les districts en matière d’infrastructures. Selon la loi, les pistes rurales relèvent de la communauté. A ce niveau, nous mobilisons la jeunesse pour faire des travaux sur certaines routes.

Quelles sont ces routes arrangées comme vous le dîtes ?

De Origuizézou à Boulé, long de 3 kilomètres, on s’est associés la commune et une structure appelée filets sociaux pour faire un dalot sur cette route. Ensuite, entre Barouta-Loo, nous avons fait des travaux sur la route. Dans certains villages, nous faisons des infrastructures sur fonds propres.

Suite à votre élection au poste de maire, vous aviez manqué l’occasion de faire le compte-rendu financier de votre gestion en tant que président de la délégation spéciale. Des accusations ont été formulées contre vous, quelle est votre moyen de défense sur ce sujet ?

Ce n’est pas réel. Vous ne pouvez pas travailler sans rendre compte. Tu travailles et tu rends compte à la population. Chaque trois mois nous rendons compte à la population. Avec la nouvelle approche, nous faisons des sessions participatives avec la présence de toutes les structures à qui on rend compte devant tous les 22 présidents de districts.

Dans la même lancée, on vous accusait d’avoir utilisé les ressources de la mairie pour acheter des consciences dans le seul but d’être élu maire. Est-ce vrai ?

Je suis maire de Koyamah mais je suis ne pas maire par soi-même. Il y un sous-préfet, un COC et  un DMR  qui sont là pour régulariser les activités du maire. Mais si on m’accuse d’avoir utilisé les fonds de la communauté pour faire ma campagne avec, ce n’est pas vrai. Si c’était vrai, une inspection allait venir pour voir clair dans cette affaire. Le bien de la communauté ne m’appartient pas. C’est ce qui a fait que la communauté de Koyamah m’a fait confiance en m’élisant maire pour poursuivre. Tout ça à cause de ma transparence. Je fus le premier maire à appeler toute la communauté à leur présenter la subvention. Sinon, ça ne se faisait pas avant. J’ai été remercié par la communauté qui m’a fait savoir que j’ai été la première personne à leur présenter publiquement la subvention allouée à la mairie.

Sauf que l’argent n’a pas été montré publiquement, c’était quoi le motif ?

Quand la subvention vient c’est sur deux volets. L’investissement (20%) et le fonctionnement (40%). Parfois, on pouvait avoir 25 millions de francs guinéens mais c’était par tranche.

Le 23 juin 2020 reste un jour sombre à Koyamah à cause d’un affrontement inter-ethnique qui a fait des morts et des blessés, quelles sont les principales résolutions pour pérenniser un véritable climat de paix entre les deux ethnies qui ont longtemps vécu en harmonie ?

Koyamah c’est la chose commune, il faut qu’on se donne la main. Ce qui s’est passé est la volonté de Dieu. Les sages des deux parties se sont rencontrés pour appeler tous les 22 présidents de districts et les 16 sages pour aplanir les divergences. C’est eux qui nous sont soumis un pacte de paix et nous avons accepté. Le 23 juin dernier, une festivité commémorative a été organisée pour dire à l’opinion que la paix règne désormais à Koyamah.

Dans la prévention, un écrit a été fait pour dire qu’on renonce à la guerre.

Les personnes interpellées dans ce conflit ont-elles été jugées ou libérées ?

Je ne peux me prononcer sur ça. C’est à la justice de répondre à cette question.

La commune rurale de Koyamah est une zone de transit, elle est très animée, quelles sont les recettes générées par la mairie ? Par an vous prélevez combien en termes de taxe ?

Sur les pylônes des réseaux téléphoniques, nous (mairie) avons un pourcentage. C’est le service des impôts qui fait le recouvrement, le pourcentage de la commune est donné à notre receveur. Pour ne pas vous mentir, par an ce que nous gagnons, il me faut revoir dans les prises de note.

Vos relations sont-elles bonnes avec les citoyens à la base ?

Ma politique est d’aller vers la communauté. Les sages, les jeunes, les femmes m’ont porté la confiance, il faut que j’assume. La force d’un maire c’est le peuple qui l’a élu. Je suis avec ceux qui ont fait de moi ce que je suis.

Donc vous-êtes aimé par la population de Koyamah ?

Oui. Pour la petite histoire, j’ai fait la délégation spéciale, ça n’a pas été facile. C’est le peuple qui m’a soutenu sinon, après l’université je ne faisais rien. C’est la communauté elle-même surtout celle de Koyamah centre qui m’a dit de continuer.

Cette année, que comptez-vous faire pour la population qui vous aime ?

Je suis venu à Conakry et j’ai rencontré une entreprise du nom de Syli Solaire. L’objectif est d’aller installer des panneaux solaires dans les lieux stratégiques de tous districts.  Deuxièmement, nous allons construire des maisons d’accueil dans certains districts. Les tricycles seront achetés pour faciliter le déplacement. Nous avons beaucoup de projets en faveur de cette communauté qui nous a fait confiance.

En ce qui concerne les fonds de l’ANAFIC, qu’est-ce qui a été fait dans la commune rurale de Koyamah ?

Nous avons bénéficié d’un milliard et quelques millions. Dès qu’on a été informés par notre agent de développement (ADL), en conseil extraordinaire, nous avons déterminé les urgences du moment. C’est dans ce cadre qu’une école a été construite à hauteur de 500 millions de francs guinéens et une pompe métallique à Barouta.

A Koyamah centre, nous avons construit sept (07) kiosques au marché qui vont générer des revenus. Ce projet a coûté 100 millions et quelques de francs guinéens. Ensuite, dans le cadre de la décentralisation, nous avons jugé nécessaire de construire notre bloc administratif qui se trouve sur la route de Brébézou.

Interview réalisée par Siba Engagé

Tel : 623 06 56 23

 

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