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Détournement à la CNPS : qui veut tirer l’épée du fourreau ?

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Trois jours maintenant que Docteur Fodé Cissé, Directeur Général de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale est en garde-à-vue à la Direction Générale de l’investigation de la gendarmerie nationale. Il serait accusé d’avoir fait saigner les caisses de l’Etat. Ses proches eux pointent du doigt des collaborateurs dont les « réformes engagées » par l’ex-directeur préfectoral de la santé n’arrangent pas. Après les deux premiers articles de votre quotidien « Actupremiere.com relatifs à ce sujet, d’autres interlocuteurs ont voulu sous anonymat donné leur part de vérité sur l’affaire.

« Il mérite aujourd’hui ce qui lui arrive car il en est le seul et unique responsable », voici ce que pense un employé de la caisse que nous avons interrogé. En effet, le DG de la CNPS nommé en décembre 2021 par le colonel Mamadi Doumbouya a de sérieux ennuis. Lui qui récemment sur les médias d’Etat faisait croire qu’on pouvait compter sur lui pour changer les conditions de vie des pensionnés, est décrié par plusieurs travailleurs de son département. Le pire, c’est son interpellation le week-end dernier par l’investigation de la gendarmerie nationale. Nos premières sources nous ont affirmé que Docteur Cissé fait les choses à sa guise, dénigrant des responsables de la boîte. Il aurait nommé ses hommes qui ne sont même pas travailleurs de la caisse à des postes stratégiques, mettant de côté les personnes compétentes. C’est dans ce cadre que plusieurs chefs d’agence auraient été remplacés par des proches du « CNRD Branche civile », arrivés avec lui après sa prise de fonction.
C’est le fichier des retraités décédés dont il aurait détourné l’argent qui lui aurait créé ce dont on lui reproche aujourd’hui. « C’est faux », rétorque le responsable des réclamations Moussa Condé. Selon ce jeune cadre conduit fraichement dans la boîte par son mentor Dr Fodé Cissé, « ce sont les manœuvres des gens de la caisse, parce que les réformes engagées par le nouveau DG ne sont pas du goût de tout le monde ». Il prétend que les deux premiers articles d’Actupremiere.com sont la transcription des dits de personnes menacées. « L’histoire des huit-milliards est fausse, de même que l’achat du véhicule et la question d’entente entre le DG et ses collaborateurs ». Pour lui : « la vérité est que depuis qu’il (le DG) a entamé les reformes relatives à la biométrisation, ce n’est pas du goût des travailleurs trempés dans la magouille parce qu’avec les cartes biométriques, il faut obligatoirement la présence de la personne physique. Il faut savoir que même un franc n’a pas été touché dans la somme des pensionnés qui fait polémique».
Au tour d’un autre jeune cadre de la boîte qui lui, fait partie de la cellule de communication de la CNPS d’appuyer le fait que l’interpellation du DG n’est pas liée à une question de détournement. C’est les reformes qui sont engagées et qui touchent l’intérêt de plusieurs personnes, selon lui. « Il y’a eu un gel d’un certain nombre de kits qui sont des cas de décès qui ont été remontés à la direction générale. Et puisque les propriétaires de pension ou ayant-droits sont décédés, donc il faut les bloquer. Donc ces différents cas de décès ont été regroupés par le service informatique pour être bloqués et bannis complètement dans le fichier des pensionnés. Mais puisque cet argent partait dans la poche des individus, ceux sont eux les mécontents de ces différentes réformes ».
Sur le montant réel des cas de décès relevés dans le fichier, le communicant parle de la somme de plus d’un-milliard-deux-cent-millions francs guinéens. Pour dédouaner son chef concernant la gestion pécuniaire de la caisse, il précise qu’elle est du ressort du ministère du budget et du trésor public : « la caisse ne gère pas l’argent. Elle gère les bulletins. Dans toutes nos agences de paye, les caissières sont affectées par le trésor public. Elles sont en collaboration avec les chefs d’agences qui signent les bulletins et leur remettent pour payer. C’est pourquoi la caisse n’est pas autonome jusqu’à présent. Les bulletins de paye sont aussi imprimés à partir du ministère du budget ».
Si le DG est victime de ses réformes comme veulent faire croire son entourage, pourquoi alors n’avoir pas éteint les pensions des personnes décédées ? Le chargé de communication affirme que pour le moment, ce n’est pas bloqué mais c’est gelé parce que c’est un processus. « A la prise de fonction de Docteur Cissé, quand il a constaté la présence des personnes pensionnées depuis 1960 70, 80, il a ordonné de payer (leurs pensions). Le 2e mois, il a (encore) ordonné de payer parce que si le retraité décède, il est du droit de la veuve de bénéficier de 50% de la pension de son mari. Il a demandé (aux ayant-causes) de constituer des dossiers de réversion pour bénéficier désormais des droits de pension. Le 3e mois (mars) a été de même. C’est après ce mois qu’il a décidé de geler les pensions. Suivant le processus, s’il y’a réclamation de la part de certains pensionnés, on fait une étude pour vérifier l’authenticité des dossiers ». C’est après cette étape selon lui, que la CNPS va décider de la réversion ou du blocage de la pension.
Contrairement à l’information relative au blocage définitif des pensions de retraités décédés et dont les noms ne figurent plus dans le listing de payement des pensionnés, il soutient que les cas de décès ont continué à être payés dans les différentes agences du pays. Pour lui, c’est le fait que le DG ait contraint les ayant-causes à produire des documents pour la réversion, qui a suscité le mécontentement car dit-il : « on a compris que ni les pères, ni les différentes veuves des retraités ne sont vivants ». Selon notre interlocuteur, ce sont ceux qu’il qualifie de « frustrés » de la CNPS, mécontents des reformes du DG qui l’ont rapporté au plus haut niveau avec des allégations médisantes.
A la question de savoir s’il y’a eu une orientation de dossiers des pensionnés relevés au cours de l’assainissement du fichier, il répond : « c’est dans la presse que j’ai appris cette nouvelle. Moi je ne suis pas au courant du transfert des cas de décès vers N’Zérékoré. Tout ce que je peux vous garantir est le regroupement et la catégorisation des cas de pensionnés décédés relevés. Leurs noms s’effacent automatiquement dans le fichier général, ce qui a poussé les gens à spéculer sur un transfert des cas de décès. C’est possible de vérifier au niveau du trésor public ».
Alors, si ce communicant révèle que les noms des retraités décédés ne figurent plus dans la liste générale, comment leurs représentants (les ayant-causes) arrivent-ils à percevoir leur salaire ? Y’a-t-il d’autres listes différentes de celle générale qu’on exploite que lors de la rémunération ?
Notons que le responsable informaticien M. Bangoura de la CNPS est aussi en garde-en vue depuis vendredi 29 avril. Le gestionnaire des fichiers de la boîte a été aussi interpelé le même jour que son supérieur. Ce dernier l’aurait accusé auprès des agents de la direction de l’investigation de la gendarmerie nationale d’être l’instigateur du transfert du fichier des cas de décès. Chose que déplorent plusieurs travailleurs de ce service de protection sociale.

Aux dernières nouvelles, des alliés du directeur général accusent le DGA d’être à la base des ennuis de leur mentor. Pour eux, Mohamed Lamine Traoré est une taupe qui met tout en œuvre pour destabiliser son chef. Pourtant depuis samedi, 30 juin, Actupremière.com a tenté en vain de rentrer en contact avec l’intéressé pour écouter sa version des faits, mais sans issue.

Affaire à suivre !

 

THERESA MARIA SEGBAYA

 

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