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Justice : Les avocats soumis au silence, les raisons ! (Siba Guilavogui)

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En ce moment, la parole n’est pas libre pour les avocats. C’est un secret de polichinelle, certains ont été rappelés à l’ordre par la hiérarchie.

Le seul péché d’Israël commis, c’est de s’être rendus disponibles à la presse. Et, pourtant ils sont soumis à une exigence infaillible. Aujourd’hui, c’est la peur et la prise de parole est devenue rare au risque d’être convoqué voire sermonné. Sans citer de noms, à un moment donné, ils avaient décidé de confier leurs langues au chat. Ils n’avaient pas le choix. L’ordre venait d’en haut et il fallait s’y plier pour ne pas commettre un crime de lèse-majesté.

Cette dictature d’idées aux yeux des néophytes est loin de s’estomper ; elle prend du terrain et étend ses longs tentacules.

Pas moins d’un mois, si je m’en tiens aux confidences d’un avocat, un de ses collègues a récemment payé les frais de cette dictature d’idées.

 Il a fallu leur intervention pour plaider en sa faveur. Et après, c’est bouche cousue comme pour dire « Chat échaudé craint l’eau froide ».

Dans le souci de recouper une information, j’ai joint au téléphone un avocat qui maitrise les contours de l’affaire. Sans passer par mille chemins, il m’a gentiment répondu que ce n’était possible sans avoir le feu vert.

« Je suis disposé à discuter du sujet mais je ne peux le faire maintenant. Il faut m’écrire et je vais demander l’avis du bâtonnier », m’a –t-il confié.

Toutefois, cette restriction est légale au regard des textes qui encadrent la profession. Car, l’intervention des avocats dans la presse est règlementée. Les dispositions de l’article 61 de la loi 014 du 26 mai 2004 portant réorganisation de la profession d’avocat sont claires : «Toute intervention radiodiffusée ou télévisée doit sur des questions essentiellement juridiques doit être autorisée par le Conseil de l’Ordre, devant lequel l’Avocat sollicité doit préalablement exposer les grandes lignes de son intervention. Cette mesure ne doit pas faire obstacle au droit à l’information du public pour les évènements traités à chaud. Le Conseil de l’Ordre dispose à tout moment d’un droit de réponse et d’un droit de rectification lorsqu’un article de presse signé par un Avocat ou des propos tenus par un Avocat sur une antenne de radio ou de télévision est de nature à porter atteinte à l’honneur et à la dignité de la profession ainsi qu’à la compétence que les Avocats sont censés incarner. Le droit de rectification, le droit de réponse et de réplique sont exercés dans les conditions de forme et de délai des articles des articles 21 et suivants de la loi organique L.91 /005 du 23 décembre 1991 sur la liberté de presse ».

Pour rappel, le fait déterminant du rappel de cette interdiction résulterait de la sortie très récente d’un célèbre avocat qui aurait tenu des propos malveillants contre la nouvelle ministre de la Justice.

Siba Guilavogui (SG), journaliste et activiste des droits humains.

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